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Docteur BINDER - Chirurgie plastique - HYPERTROPHIE MAMMAIRE

L'HYPERTROPHIE MAMMAIRE

- Définition

- Objectifs

- Principes

- Risques

- Avant l'intervention

- L'intervention

- Après l'intervention

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Définition

L’hypertrophie mammaire est définie par un volume des seins trop important, notamment par rapport à la morphologie de la patiente. Cet excès de volume est en général associé à un affaissement des seins (ptose mammaire) et parfois à un certain degré d’asymétrie.

Elle n'est prise en charge par la sécurité sociale que lorsque le chirurgien enlève plus de 300 grammes par sein opéré.

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Objectifs

L’intervention chirurgicale a pour but la réduction du volume des seins, la correction de la ptose et d’une éventuelle asymétrie, afin d’obtenir deux seins harmonieux (deux seins réduits, ascensionnés, symétrisés et remodelés).

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Principes

L’intervention réalise l’ablation du tissu glandulaire en excès. On conserve un volume en harmonie avec la silhouette de la patiente et conforme à ses désirs. Ce volume glandulaire résiduel est ascensionné, concentré et remodelé.

Il faut ensuite adapter l’enveloppe cutanée, ce qui impose de retirer la peau en excès de manière à assurer une bonne tenue et un bon galbe aux nouveaux seins. Les berges de la peau ainsi découpées sont alors suturées : ces sutures sont à l’origine des cicatrices.

Souvent ces cicatrices ont la forme d’un T inversé avec trois composantes : péri-aréolaire au pourtour de l’aréole entre la peau brune et la peau blanche, verticale, entre le pôle inférieur de l’aréole et le sillon sous-mammaire, horizontale, dissimulée dans le sillon sous-mammaire.

La longueur de la cicatrice horizontale est proportionnelle à l’importance de l’hypertrophie et de la ptose. Parfois, notamment lorsque l’hypertrophie et la ptose sont modérées, on peut réaliser une méthode dite "verticale" qui permet de supprimer la cicatrice transversale dans le sillon sous-mammaire et de réduire la rançon cicatricielle à ses composantes péri-aréolaire et verticale.

Une plastie mammaire pour hypertrophie peut être effectuée àà partir de la fin de la croissance et au-delà, pendant toute la durée de la vie.

Une grossesse ultérieure est bien évidemment possible ainsi qu’un allaitement, mais on conseille d’attendre au moins six mois après l’intervention.

Le risque de survenue d’un cancer n’est pas augmenté par cette intervention.

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Risques

Tout acte médical, investigation, exploration, intervention sur le corps humain, même conduit dans les conditions de compétence et de sécurité conformes aux données actuelles de la science et à la réglementation en vigueur, expose à un risque de complication. Comme toute intervention chirurgicale, la plastie mammaire de réduction comporte des risques :
- Les accidents thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire), qui sont la complication la plus grave, qui peut être mortelle. Leur risque de survenue est augmenté si vous avez déjà eu de tels accidents auparavant. L'arrêt de la pilule un mois avant l'opération, le port de bas anti-thrombose, le lever précoce, et le traitement anticoagulant contribuent à réduire ce risque.
- L’hématome. Il est dû au saignement de la zone opérée. Lorsqu'il est important, il peut imposer une réintervention chirurgicale sous anesthésie générale. Les médicaments susceptibles de faciliter les saignements doivent être arrêtés 15 jours avant l’intervention (aspirine, anti-inflammatoires, anti-coagulants oraux).
- L'épanchement lymphatique, rare, peut conduire à des ponctions répétées et/ou à une réintervention pour drainage.
- La nécrose des aréoles peut être totale ou partielle. Elle est nettement favorisée par le tabagisme, qui altère durablement la circulation capillaire du sang, ainsi que par l'obésité. Elle entraîne habituellement des cicatrices larges. En cas de perte totale des aréoles, une reconstruction chirurgicale est proposée quelques mois après la cicatrisation complète, qui est elle-même longue et nécessite des pansements quotidiens à domicile pendant plusieurs semaines ou mois.
- La nécrose partielle de la glande et de la graisse mammaire (cytostéatonécrose) se traduit par un nodule induré, qui peut parfois entraîner une reprise chirurgicale. Exceptionnellement, il peut s’agir de nécrose étendue de la glande mammaire, qui nécessite des soins prolongés.
- L’infection est exceptionnelle mais possible. Elle peut conduire à un drainage chirurgical sous anesthésie générale.
- Modifications de la sensibilité : à type d'engourdissement, d'insensibilité, ou de sensations "bizarres" des aréoles et des mamelons, ces modifications sont fréquentes et disparaissent habituellement, au moins partiellement, avec le temps (plusieurs mois ou années selon les cas). Elles peuvent néanmoins être définitives.
- Les cicatrices peuvent être larges ou hypertrophiques (en relief), de façon imprévisible. Elles peuvent parfois nécessiter une retouche chirurgicale lorsqu'elles sont larges et/ou des injections de corticoïdes lorsqu'elles sont hypertrophiques.
- Les "oreilles" cicatricielles situées à chaque extrémité des cicatrices horizontales peuvent aussi nécessiter une retouche chirurgicale plusieurs mois après l'intervention.
- Une désunion (lâchage) précoce des cicatrices, rare, peut nécessiter une réintervention chirurgicale.
- La paralysie du membre supérieur par élongation du plexus brachial est très rare. Liée à la position du bras au cours de l'intervention, elle régresse spontanément dans un délai variable de quelques jours à quelques mois.
- Des kystes épidermiques peuvent s'observer sur la cicatrice périaréolaire.
- Le tissu glandulaire enlevé est systématiquement analysé au laboratoire. Il est exceptionnel mais possible de découvrir un cancer débutant, qui nécessite un traitement propre.
- Les imperfections du résultat sont possibles. Il peut s’agir d’une asymétrie ou d’une correction insuffisante. Ces imperfections justifient parfois une retouche chirurgicale plusieurs mois après l’intervention initiale.

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Avant l'intervention


- Une mammographie pré-opératoire est systématique chez les femmes de plus de 35 ans ou ayant des facteurs de risque de cancer du sein.
- Des photographies médicales sont toujours réalisées.
- Un soutien gorge de sport sans armature, en tissu élastique et s'ouvrant par devant, est prescrit.
- Arrêt strict du tabac 2 mois avant l’intervention, pour réduire le risque de nécrose cutanée.
- Arrêt de la prise d’aspirine, d'anti-inflammatoires, ou d'anti-coagulants oraux dans les 15 jours qui précèdent l’intervention, pour réduire le risque hémorragique.
- Arrêt de la contraception orale 1 mois avant l’intervention, pour diminuer le risque thrombo-embolique.
- Eviter les grossesses dans les 2 ans qui suivent l’intervention pour éviter de détériorer le résultat esthétique de l'intervention. Quant à l'allaitement, il reste souvent possible après l'intervention, mais cela n'est ni garanti, ni conseillé.

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L'intervention

L’intervention se déroule toujours sous anesthésie générale, en position demi-assise, et dure entre 1h30 et 3 heures.
Vous êtes hospitalisée la veille ou le matin de l’intervention.
Vous devez impérativement être à jeun depuis minuit (y compris pour l'eau et le tabac).

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Après l'intervention

Une surveillance a lieu en salle de réveil d’abord, puis dans votre chambre.
- Un système de drainage aspiratif est habituellement mis en place pour réduire les risques d’hématome. Il est généralement conservé de 1 à 5 jours selon sa production. Le drainage n’empêche pas le retour à domicile, si le chirurgien considère qu’il est possible.
- Le pansement est retiré le surlendemain de l’intervention. Un pansement léger sera réalisé et vous devrez porter le soutien-gorge sans armature prescrit avant l'intervention. Il devra être porté nuit et jour pendant 2 mois.
- L’hospitalisation dure entre 1 et 5 jours en moyenne. Il est recommandé qu’une personne accompagne votre retour à domicile.
- Les fils sont retirés entre 2 et 4 semaines après l’intervention, en une ou plusieurs fois.
- La première douche est autorisée le lendemain de l’ablation des drains.
- Plusieurs consultations de contrôle sont réalisées, environ 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an après l’intervention.
- Les plasties mammaires peuvent entraîner une diminution de la sensibilité des aréoles, qui peut parfois être définitive.
- La surveillance des seins par mammographie dans le cadre du dépistage systématique du cancer du sein n’est pas ou peu perturbée par la plastie mammaire de réduction. Il est conseillé de pratiquer une mammographie de référence quelques mois après l’intervention.
- La période d’arrêt de travail est de 15 jours environ.
- La période d'arrêt des activités sportives est de 2 mois environ.
- Le résultat définitif ne s’observe pas avant 6 mois quant au volume et à la forme des seins. Il faut attendre au moins 12 mois pour juger de l’aspect définitif des cicatrices.
- Les plasties mammaires à cicatrice verticale seule ont un aspect très laid pendant les premières semaines. Il ne faut pas s'en inquiéter, car le sein prend sa forme naturelle en deux mois environ.
- Des retouches chirurgicales sont parfois possibles, sous anesthésie locale ou générale selon les cas.

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